Deux projets d’accord de coopération pour l’assistance aux victimes, attendus depuis 10 ans.

Deux projets d’accord de coopération pour l’assistance aux victimes, sont attendus depuis 10 ans. Il n’est peut-être pas trop tard pour cette législature.

C’est en 2009 en effet, que des protocoles d’accord de coopération avaient été adoptés, en fin de législature, visant à garantir une meilleure cohérence de la politique en faveur des victimes. A l’époque ceux-ci avaient été approuvés par tous les partis démocratiques.  Ils prévoyaient l’établissement dans les 18 mois d’accords en bonne et due forme, respectivement pour la Région wallonne et la Région Bruxelles capitale.

Le Forum national s’était vu chargé d’assurer le suivi de l’élaboration des accords.  Deux projets  furent établis dans les délais mais ne purent être adoptés en raison de la longue crise pour la mise en place d’un nouveau gouvernement.  La législature suivante fut marquée par la négociation de  la sixième réforme de l’Etat. Qui dit réforme de l’Etat, dit nouvelle répartition des compétences et remise en cause des projets pourtant  approuvés par les différents parties.

Il aura fallu une législature supplémentaire pour que le projet soit à nouveau mis à l’agenda politique, actualisé en fonction du nouveau paysage institutionnel et finalement soumis aux différents gouvernements. La bonne nouvelle est arrivée à l’occasion de la journée des victimes pour la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’est maintenant chose faite pour le gouvernement fédéral.

Sur proposition du ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Pieter De Crem et du ministre de la Justice Koen Geens, le Conseil des ministres a  approuvé, en mars, deux projets d’accord de coopération en matière d’assistance aux victimes. Le premier concerne la Communauté française et la Région wallonne. Le second concerne la Région de Bruxelles-Capitale et est conclu avec la Communauté française, la Communauté flamande, la Commission communautaire française et la Commission communautaire commune.  L’avis du Conseil d’Etat a été demandé.

Encore faudrait-il que ces accords soient adoptés par les différents parlements concernés, avant la fin des travaux parlementaires. Il n’est pas trop tard mais il est grand temps.

 

 

 

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Journée européenne des victimes : faire de leurs droits une réalité.

Les victimes ont des droits, partout en Europe mais, pour beaucoup d’entre elles, le parcours reste difficile voire douloureux.  Cette année encore, l’organisation Victim Support Europe et les associations qui la composent invitent à une journée de mobilisation et de sensibilisation le 22 février.  Le thème choisi « making their rights effective » est toujours d’actualité, 30 ans après l’instauration de la journée des victimes.

Les témoignages de nombreuses victimes nous montrent régulièrement à quel point les conséquences des victimisations peuvent être graves, multiples et persistantes. Ils attirent notre attention sur un constat fondamental qui est à la base des initiatives en faveur des victimes d’infraction : un défaut d’information, un accueil déficient, un manque de tact dans le cadre des procédures, une réparation lacunaire ou tardive sont de nature à renforcer ou à prolonger les effets négatifs d’un attentat, d’un acte de violences ou d’autres délits. C’est ce qu’on appelle la victimisation secondaire.

Certes, la politique en faveur des victimes dans notre pays a permis d’engranger diverses avancées, au cours des vingt dernières années.  Du point de vue légal, le statut des victimes au sein de la procédure pénale a progressivement été affirmé.  L’aide de l’Etat en faveur des victimes d’actes de violences et plus récemment d’attentats terroristes, a connu de multiples réformes. Le dispositif d’assistance s’est progressivement étoffé.

De son côté, l’Union européenne s’est montrée soucieuse d’assurer la protection des victimes de la criminalité et d’établir des normes minimales en la matière.  A cet égard, la Décision-cadre du Conseil de l’Union européenne, adoptée en 2001, a joué un rôle important d’incitant dans notre pays.  Elle a servi de balise pour évaluer les premières avancées de la politique nationale.  L’état des lieux dressé par le Forum national et les premiers résultats d’une recherche évaluative ont démontré que des efforts importants et permanents étaient encore nécessaires pour rencontrer les besoins des victimes et rendre effectifs les droits fondamentaux  qui leur sont reconnus.

Une nouvelle étape a été franchie en 2012, avec l’adoption d’une Directive du Parlement européen et du Conseil concernant les droits, le soutien et la protection des victimes de la criminalité.  Cette directive établit des normes minimales contraignantes pour les pays membres de l’Union. Elle garantit que les victimes sont reconnues et traitées avec respect, qu’elles reçoivent une protection et un soutien adéquats et qu’elles ont accès à la justice.  Elle renforce sensiblement les droits des victimes et des membres de leur famille à recevoir des informations, un soutien et une protection ainsi que leurs droits lorsqu’elles participent à une procédure pénale.  Elle comporte aussi des dispositions qui garantissent que les professionnels en contact avec les victimes reçoivent une formation adaptée à leurs besoins, favorisent la coopération entre les états membres et la sensibilisation aux droits des victimes.

A l’occasion de la 30° édition de la journée européenne des victimes, la mise en oeuvre effective de ces droits reste un véritable défi pour nos sociétés.  Deux points nous paraissent nécessiter une attention toute particulière.

1° Il faut coordonner et évaluer au plan national les initiatives prises par les différentes instances. A cet égard,  rappelons que les travaux du Forum national dont c’était le rôle, sont interrompus depuis 2010 et qu’un nouvel accord de coopération est toujours attendu pour adapter les textes existants au nouveau paysage institutionnel découlant de la 6° réforme de l’Etat.  C’est la cohérence de la politique et des mesures en faveur des victimes qui en dépend.

2° L’effectivité des droits des victimes et l’opérationnalisation des réformes annoncées devraient faire l’objet d’un suivi régulier. Trop souvent, de longs mois s’écoulent entre l’annonce et l’entrée en application des textes adoptés. Ces délais, parfois difficilement compréhensibles, réactivent de douloureux sentiments d’abandon ou d’injustice.  Cet examen devrait se réaliser à l’aune des normes minimales édictées par la nouvelle directive européenne.

Directive 2012/29/UE du 25 octobre 2012, Journal officiel de l’Union européenne du 14.11.2012. https://soutienauxvictimessavi.files.wordpress.com/2014/11/cd022-4020982156.pdf

 

Journée des victimes J-7

Journée européenne des victimes le 22 février

Pour la 30° année consécutive, le 22 février prochain sera dédicacé à la journée européenne des victimes.

Inspirée d’une initiative suédoise, c’est en 1990 que l’organisation européenne des associations d’aide aux victimes (Victim Support Europe) proposait à ses membres de consacrer, chaque année, une journée d’attention afin de sensibiliser le public et les autorités aux droits et besoins des victimes.  Nous reviendrons plus longuement sur cet événement et sur l’historique de la journée des victimes dans notre pays.

Dès à présent vous trouverez ci-dessous l’annonce de la thématique pour l’édition 2019.

 

Communauté
Victim Support Europe
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Bientôt une bibliothèque thérapeutique au service d’aide aux victimes de Huy 

Un appel à des dons est lancé pour réaliser le projet de bibliothèque thérapeutique au profit des jeunes victimes prises en charge par l’équipe du Service d’Aide aux Victimes à Huy.

Depuis de nombreuses années, SAVI apporte une aide financière à des initiatives novatrices du Service d’aide aux victimes de Huy (voir les projets dans À propos de Soutien aux victimes d’infractions).

Pour sa campagne 2018 – 2019, l’ASBL a décidé d’appuyer un nouveau projet du service hutois qui, on le sait, prend en charge de nombreuses jeunes victimes.

L’équipe du SAV souhaite, en effet, mettre en place une bibliothèque à visée thérapeutique afin de proposer certains livres en prêt aux enfants qui fréquentent le 24,rue Rioul.  A côté des consultations psychologiques, le livre offre un moyen différent d’aborder certains problèmes compliqués auxquels nos jeunes usagers sont souvent confrontés : violence, harcèlement, deuil, abus sexuels, etc. Dans certaines familles où ces sujets sont douloureux, le livre proposé par l’intervenante et rapporté à la maison pourra être un intermédiaire précieux. Dans certains situations, l’équipe estime que « prescrire » une histoire pourrait également être bénéfique à la relation : le moment privilégié de l’histoire du soir, en plus d’instaurer un rituel facilitant l’endormissement, permet de renforcer le lien entre parent et enfant.

En plus de livres jeunesses directement adressés à l’enfant, l’équipe souhaite compléter la nouvelle bibliothèque par des livres destinés à aider les adultes à jouer leur rôle parental. Aider l’enfant indirectement, en donnant des outils aux parents tant dans des domaines affectifs et éducatifs que dans la compréhension de la problématique de leur enfant tel sera donc le deuxième objectif de la nouvelle bibliothèque thérapeutique.

Un appel à des dons est donc lancé pour réaliser ce beau projet dans l’intérêt des jeunes victimes prises en charge par l’équipe du Service d’Aide aux Victimes à Huy.

Une meilleure visibilité pour les services d’aide aux victimes

Toujours à la recherche de solutions pour améliorer l’accessibilité de l’aide aux victimes, le Service d’aide aux victimes de Huy a réalisé un clip vidéo et mis en ligne un nouveau site présentant les services agréés par la FWB.

Depuis bientôt 40 ans, l’ASBL hutoise Aide et Reclassement contribue à développer l’aide aux victimes. Depuis peu, un nouveau site internet mis en ligne par son équipe contribue à améliorer la visibilité des services d’aide aux victimes agréés par la Fédération Wallonie Bruxelles. Une initiative particulièrement bienvenue car trop de victimes peinent encore à trouver le chemin de l’aide.

A Huy, le SAV situé au 24, rue Rioul, fait partie de longue date du paysage social. Chaque année plusieurs centaines de victimes viennent y chercher un réconfort, des informations, une aide psychologique ou sociale. Et pourtant, dans notre arrondissement, des victimes (ou leurs proches) se trouvent encore démunies et méconnaissent les services qu’elles peuvent y recevoir gratuitement de la part d’une équipe professionnelle reconnue par la Communauté française. Le même constat a du reste été fait par l’ensemble des SAV, lors des dramatiques attentats qui ont frappé notre pays.

La question de la visibilité ou plutôt du manque de visibilité des services d’aide aux victimes est, depuis longtemps, une préoccupation du secteur de l’aide aux justiciables et un aspect crucial d’une politique en faveur des victimes soucieuse de les rendre suffisamment accessibles. Elle a de nouveau été évoquée à l’occasion d’une évaluation effectuée par les services d’Aide aux Victimes (réunis au sein du Groupe de Réflexion sur l’Aide aux Victimes), à propos des demandes d’aide des victimes de terrorisme. Alors que de nombreuses victimes se plaignaient de ne pas avoir reçu d’aide, nos services se sont étonnés d’avoir été, majoritairement, peu sollicités et assez tardivement.

Toujours à la recherche de solutions pour contribuer à l’accessibilité de l’offre d’aide des SAV à l’égard des victimes et de leurs proches, le Service d’Aide aux Victimes  de Huy a proposé à la Communauté française la réalisation d’une capsule vidéo et la mise en ligne d’un nouveau site internet www.serviceaideauxvictimes.be

D’une durée de 30 secondes, la capsule vidéo « services d’aide aux victimes est destinée à sensibiliser le public et les professionnels en contact avec des victimes afin de faciliter leur accès aux SAV. Elle se termine sur un plan final présentant une carte sur laquelle sont localisés les services agréés. Elle est, dès à présent, consultable sur le site des SAV (voir ci-dessous). La technique utilisée permet sa mise en ligne sur des pages web mais aussi son partage via les réseaux sociaux.

Grâce à l’appui accordé par la Communauté française, l’équipe hutoise a pu également restaurer et moderniser le site www.serviceaideauxvictimes.be fermé, il y a deux ans, suite à plusieurs attaques informatiques. On y retrouve diverses informations pratiques : « qui sont les services d’aide aux victimes, quelles victimes peuvent y faire appel, quelle aide peut-on y recevoir, quels sont les services agréés, leurs missions ? Le visiteur y trouvera également des fiches détaillées présentant les divers services, des cartes d’accès, des liens utiles ainsi que leur charte d’intervention.

Autant d’informations utiles qui devraient faciliter l’orientation des victimes vers ces services qui offrent une aide professionnelle et gratuite.

Pour en savoir plus sur cette initiative, contactez le Service d’aide aux victimes à Huy (085/216565) pendant les heures de permanence (les jours ouvrables de 9h à 12h 30 et de 13h 30 à 17h)
ou adressez votre message via le formulaire de contact du site www.serviceaideauxvictimes.be

 

 

Soutien aux victimes de retour sur Internet

Il s’agit de l’extrait de l’article.

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Temporairement indisponible en raison d’un problème d’hébergement, le blog Soutien aux Victimes  est de nouveau disponible dans un nouvel environnement.  Vous y trouverez à nouveau des nouvelles de l’ASBL Soutien aux victimes d’infraction SAVI, du Service d’Aide aux Victimes à Huy et plus généralement de la politique en faveur des victimes.

Au plaisir de vous y retrouver

SAVI

INFORMATION DES VICTIMES D’ACTES TERRORISTES ET VISIBILITÉ DU DISPOSITIF D’ASSISTANCE AUX VICTIMES

Plusieurs services d’aide aux victimes (SAV) se sont étonnés d’avoir été peu sollicités par les victimes alors que la presse se faisait l’écho de plaintes d’un certain nombre d’entre elles d’être laissées pour compte.  Ils ont émis l’hypothèse que les relais normalement prévus dans le cadre du dispositif d’assistance aux victimes n’avaient pas ou pas assez fonctionné.

Un des problèmes relevés est la non disponibilité des listes de victimes à la suite des attentats.  Cela a posé problème même à Bruxelles où pourtant le SAV a fait face à un afflux de demandes.  En Région wallonne, les rares situations n’ont souvent été orientées que tardivement par les services d’assistance policières ou par le parquet.  Il est à noter que dans le passé, lors de la crise du Rwanda, les listes des rapatriés avaient rapidement été communiquées par la Croix rouge ce qui avait permis une démarche proactive de nos services.  Rien de tel cette fois-ci.

Les SAV sont bien conscients qu’il peut y avoir un paradoxe que certaines victimes se plaignent de ne pas être aidées, alors qu’elles font appel et bénéficient du suivi d’un service.  C’est là un phénomène qui s’explique en partie par des aspects cliniques. Ainsi, le sentiment exprimé d’être abandonné participe fort probablement d’un report sur l’institutionnel (l’Etat au sens large) qui devrait garantir la sécurité et à défaut les soins et une réparation intégrale.  Mais il résulte sans doute aussi  d’une défaillance au moins partielle des relais normalement prévus.  A cet égard le modèle d’intervention des assurances (proposant par exemple un package de services dont un nombre restreint de consultations psychologiques) apparaît en décalage avec les attentes des victimes.

D’où les interrogations des intervenants :

  • ne reste-t-il pas des victimes qui n’auraient pas bénéficié d’une offre d’aide ?
  • toutes les victimes savent-elles qu’elles pourraient bénéficier auprès des SAV d’un suivi psychologique spécifique et d’une aide dans leurs démarches ?
  • les SAV sont-ils suffisamment identifiés du dispositif de gestions des crises?  sont-ils connus des managers psycho-sociaux ou du parquet fédéral ?
  • le dispositif d’assistance aux victimes mis en place depuis une vingtaine d’années est-t-il suffisamment visible ?

A-ton suffisamment communiqué au sujet de ce qui existait que ce soit via les canaux prévus de communication (police, juridictions…) ou via les autorités et la presse ? Sinon  à qui reviendrait l’initiative ?

A ce propos, plusieurs services suggèrent que le nouveau site victimes.be pourrait à l’avenir jouer un rôle accru dans de telles circonstances.

En conclusion, les SAV réaffirment l’importance de renforcer la visibilité du dispositif d’assistance aux victimes.

Le projet d’accord de coopération sur l’assistance aux victimes est une bonne opportunité pour y contribuer notamment en redynamisant les conseils d’arrondissement et en relançant la réflexion en réseau qui s’est parfois essoufflée faute de soutien institutionnel. 

Autant d’éléments qui pourraient alimenter des avancées supplémentaires dans des dossiers qui ont mobilisé nos énergies durant l’année écoulée et qui, nous l’espérons pourront connaître encore de prochaines avancées.

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